La projection dans le temps est une des modalités principales, peut-être la plus fondamentale, de l’altérité dans la science-fiction. Et pourtant, on peut voir l’origine du genre dans des œuvres comme Utopia de Thomas More ou Les Voyages de Gulliver de Jonathan Swift, qui faisaient voyager non vers d’autres temps, mais vers d’autres lieux. Paradoxal ?
Pas forcément : de l’utopie à l’anticipation en passant par l’uchronie et le rétrofuturisme, la science-fiction semble avoir pour particularité que les mondes qu’elle invente peuvent, dans une certaine mesure en tout cas, être situés par rapport au nôtre.
L’occasion de rappeler que le rapport à l’altérité évolue aussi avec le temps : des utopies du XIXe siècle aux fictions d’effondrement de la fin du XXe et du XXIe, l’écart vis-à-vis du réel ne s’opère plus de la même manière. Cette table-ronde aura pour objet ce rapport au temps si singulier qui caractérise la SF, en particulier son rapport à l’Histoire.