FILMO-SF ! Tempus Fugit

Confinée dans leurs appartement, l’équipe du festival vous propose, tout au long de cette période, différents programme dont une séquence hebdomadaire autour du cinéma de Science-fiction.

Pour cette cinquième semaine, nous continuons avec la thématique du Voyage dans le temps !

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Triangle

De Christopher Smith (2009 / 1h39 / GB, Australie)
Avec Melissa George, Joshua McIvor, Michael Dorman

Un groupe d’amis part explorer le Triangle des Bermudes à bord d’un voilier. Après avoir essuyé une tempête titanesque, le bateau est à la dérive. Ils trouvent alors refuge sur un navire où ils ne découvrent pas âme qui vive et où le temps s’est arrêté. Pourtant, ils éprouvent une étrange sensation de déjà vu et réalisent très vite que quelque chose d’hostile les guette…

Sorti directement en vidéo presque un peu partout dans le monde, Triangle entre dans cette catégorie des mind-fuck movies, c’est-à-dire de ces films – comme Predestination (2014) ou Cohénrence (2013) – qui vont se jouer du spectateur à un plus d’un niveau, au sens propre du terme.

Si on croit donc deviner où l’intrigue va mener assez tôt, sachez qu’il n’en est rien ; le film est clairement là pour vous torturer les méninges. Bon, on n’arrive pas ici au niveau d’un Primer (ici présent aussi), mais ça pique pas mal. Bref, je recommande car il est vraiment agréable de se faire balader de la sorte pendant 1h39. Si vous ne l’avez pas vu, installez-vous sous un plaid avec votre moitié dimanche soir, ça va bien se passer.

Par Jal
Chargé de coordination générale

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C’était Demain | Time after Time

De Nicholas Meyer (1979 / 1h52 / USA)
avec Malcolm McDowell, David Warner, Mary Steenburgen

H.G. Wells poursuit Jack l’Éventreur à travers le temps après que celui-ci a utilisé sa machine pour échapper à la police de son époque.

Avant de réaliser deux des meilleurs Star Trek – La Colère de Khan (1982) et Terre inconnue (1991), Nicholas Meyer s’amusait avec beaucoup de malice et de talent à imaginer des rencontres entre personnages historiques/fictionnels. Ainsi après avoir écrit le scénario du sympathique Sherlock Holmes attaque l’Orient-Express – où Dr Sigmund Freud et Sherlock Holmes font équipe, il écrit et réalise C’était demain (Time after time).

Au casting, deux très grands acteurs à mes yeux cinéphiles: Malcolm McDowell (qui joue H. G. Wells) et David Warner. Vous connaissez peut etre Malcolm McDowell pour son rôle mythique dans Orange mécanique mais connaissez vous David Warner ?

Extremement discret, cet acteur aux traits durs et froids a joué dans de nombreux films marquants depuis près de 60 ans. On le retrouve notament dans Michael Kohlhaas (1969),  Les Chiens de paille, La Malédiction, Bandits, bandits, Tron, Waxwork,  Star Trek 6 : Terre inconnue, L’Antre de la folie, Titanic, Scream 2 et La Planète des singes. C’était demain c’est ça pour moi : une histoire avec toute la folie et la liberté des années 70 interprétée par deux des plus grands comédiens Anglais à leur apogée. 

Nicolas Sébastien Landais
Responsable programmation Cinéma

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La Jetée

De Chris Marker (1962 / 28 min / France)
Avec Jean Negroni (Narrateur), Hélène Châtelain, Davos Hanich

« Ceci est l’histoire d’un homme marqué par une image d’enfance ». Sur la jetée d’Orly, un enfant assiste à la mort d’un homme ; cette scène, ainsi que le visage d’une femme qu’il aperçoit, le marque durablement, mais il ne la comprendra que plus tard. La suite nous plonge dans un monde apocalyptique : un Paris dévasté où les gens se terrent dans des souterrains et où des scientifiques s’adonnent à des expériences. L’enfant est devenu adulte, et il en est le cobaye : envoyé dans le futur par d’étranges procédés , il est envoyé dans le futur, puis C’est dans le passé qu’il va tenter d’échapper à son destin.

Le scénario de La Jetée est devenu célèbre, en partie pour avoir inspiré L’Armée des douze singes de Terry Gilliam (1995), et parce qu’il présente un cas vertigineux de boucle temporelle, dont il tire toute la puissance dramatique. Mais le court-métrage lui-même est remarquable, en tant qu’oeuvre cinématographique, de par son traitement du temps ; à commencer par un dispositif atypique, puisqu’il est composé de photogrammes découpés et « montés en histoire », soutenus par la voix-off d’un récitant extérieur à ce qu’ils racontent. La manière dont ces images fixes sont liées entre elles par des fondus enchaînés ou des « cut », qui tantôt étirent, tantôt resserrent le temps, laisse une grande part au montage dans la manière dont nous les appréhendons, dans leur succession et leur rythme, comme récit.

En retirant le mouvement aux images, Chris Marker leur donne aussi une densité et une expressivité particulières, comparables à l’image mémorielle cristallisée dans les souvenirs du protagoniste. Le voyage temporel de ce dernier n’est d’ailleurs jamais montré comme déplacement dans l’espace, d’un point à un autre : il est plutôt suggéré à la manière d’un rêve, des images se substituant les unes aux autres, se superposant ou se fondant les unes dans les autres comme s’il s’agissait d’une projection mentale. L’exploration par le cinéma de la durée subjective et de la mémoire, donc ; mais aussi le choix de l’anticipation post-apocalyptique et la représentation des temps futurs par le prisme des traumatismes de l’Histoire (la Seconde guerre mondiale) ; le troublant motif de la spirale, évoquant Vertigo d’Hitchcock ; l’émotion, le sens qui sourdent des images… On pourrait en parler pendant des heures. Et d’ailleurs les années passent, et La Jetée de Chris Marker nous paraît toujours aussi fascinant.

Anne Canoville
Responsable littéraire du festival

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The Endless

De Justin Benson & Aaron Moorhead (2017 / 1h51 / USA)
avec Aaron Moorhead, Justin Benson, Callie Hernandez

Deux frères, rescapés d’une secte millénariste adoratrice d’extraterrestres, reçoivent un jour, via une cassette (c’est louche, déjà) des nouvelles de leurs anciens amis. Ils finissent par se mettre en route, en se promettant de ne pas rester sur place trop longtemps. C’est juste pour faire coucou, en passant, comme qu’y dirait. Vous vous doutez bien qu’ils vont être déçus…

Si l’on n’a pas affaire à un chef d’œuvre, dans le cas présent, les réalisateurs n’en sont pas à leur coup d’essai et on déjà prouvé leur savoir-faire dans le très bon ‘Spring’, sorti en 2014. C’est peut-être là le souci : la très faible prise de risque et la facture somme toute classique, au vu d’un thème qui autorise tout.

On suit cependant avec beaucoup d’intérêt la descente dans le bizarre des deux compères, dans un réel insidieusement mû-temps ; dans un temps mou faisant office d’espace où l’on est tenté de se complaire.Au détour d’un plan-apocalypse, on est même frappé par une évocation très à propos et maligne de l’histoire du cinéma, de la vidéo et de ces moyens techniques, ce qui ne sera pas sans déplaire à quelques conférenciers du 7e art.

Jérôme Charreton
Responsable du concours « 48 Heures plus tard »

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Les Guerriers de l’Apocalypse

De Mitsumasa Saito (1979 / 2h18 / Japon)
Avec Sonny Chiba, Isao Natsuki, Tsunehiko Watase.

Une troupe de militaires réalise des manœuvres et se retrouve entraînée vers un glissement dans le temps suite à une déformation de l’espace-temps…  Cette armée équipée de jeeps, d’un char, d’un hélicoptère et d’un patrouilleur, atterrit 400 ans en arrière, dans le Japon féodal du XVIe siècle…

Des soldats du XXe siècle contre ceux du XVIe, des scènes de batailles qui focntionnent encore aujourd’hui, ce petit monument du cinéma japonais est une franche réussite pour ce qui est moins un film de science-fiction qu’un très bon film de guerre. A voir !

Jal
Chargé de coordination générale

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L’Excellente Aventure de Bill et Ted

De Stephen Herek (1989 / 1h40 / USA)
Avec Keanu Reeves, Alex Winter, George Carlin

En 1988, à San Dimas, Theodore « Ted » Logan et Bill S. Preston sont deux adolescents, passionnés de musique. Ces deux cancres sont sur le point d’être renvoyés de leur lycée en raison de leurs résultats catastrophiques. Ils sont alors sommés de faire le meilleur des exposés d’histoire. Sinon ça sera la fin de leurs projets de groupe de rock — les Wyld Stallyns — et Ted sera envoyé dans une école militaire. Un soir, devant un supermarché Circle K, ils rencontrent Rufus, venu du futur avec une machine à voyager dans le temps en forme de cabine téléphonique. Ils vont alors traverser le passé et rencontrer de nombreuses figures historiques mais également de multiples embûches. Ils vont cependant approfondir leurs connaissances pour préparer leur exposé.

En 2020 on retrouvera l’éternel Keanu Reeves dans un étrange projet « Bill and Ted Face the Music » réalisé par Dean Parisot (Galaxy Quest). Il s’agit en fait du troisième volet d’une trilogie (commencée en 1989) narrant les aventures de deux adolescents demeurés : BiIl & Ted.  Malgré les sorties cinéma en France des deux premiers films à savoir L’Excellente Aventure de Bill et Ted (1989) et Les Folles Aventures de Bill et Ted (1991), il s’agit là d’une saga très peu connue dans l’hexagone mais qui demeure très culte aux USA. Posez votre cerveau et découvrez une histoire simple et triviale mettant en scène le duo  Alex Winter et Keanu Reeves. Un Keanu  pré-Matrix, pré Point Break, Pré-Speed, pré-Dracula, pré John Wick –  d’une naiveté attachante. Très récemment l’excellente émission youtube « Rigolo » analysait la figure de l’idiot dans les comédies et plus particulièrement des « gogoles ». Nos deux héros s’inscrivent à 100% dans ce type de personnages et pré-figurent d’ailleurs Wayne’s World qui sortira 3 ans plus tard : film présentant également deux gogoles fan de rock.

Nicolas Sébastien Landais
Responsable programmation Cinéma

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Primer

Ecrit & Réalisé par Shane Carruth (2004 / 1h17 – ressenti 4h27 – / USA)
Avec : Shane Carruth, David Sullivan, Casey Gooden.

Lorsque des entrepreneurs bricolos décident de sortir de leur zone de confort, fuyant le ronron de leurs affectations quotidiennes, ils ne s’attendent pas à tomber sur une telle découverte : leur machine modifie le cours du temps. Bien-sûr, on ne peut pas en rester là ; il faut mettre cette machine à l’épreuve de la vie.

Ce film à micro-budget (~7000 $) a donné à son équipe de quoi voir sereinement l’avenir, ou le passé, je ne sais plus. En effet, il raflé 77 fois la mise aux entrées en salles mondiales, et c’est amplement mérité, tant l’œuvre subjugue le spectateur… que dis-je il n’y a pas de spectateur, ici. Dès lors qu’on a passé les 5 premières minutes (le temps de s’habituer aux plans globalement décadrés et flous), on fait intégralement partie de l’histoire et l’on est soumis, comme les personnages, à l’éblouissante transfiguration mentale que représente chaque coupe.

À ce niveau, cela tient de l’hypnose ; on sort de cette expérience avec un arrière-goût d’incompréhension ravie, victime d’un sortilège qui mettra quelques années avant de s’évanouir complètement — s’il s’évanouit –.

Jérôme Charreton
Responsable du concours « 48 Heures plus tard »

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