Survie individuelle et mutation des espèces dans les récits des temps à venir

SAMEDI 6 JUIN 2026 | 11h00
La Rayonne | Salle 02

Les représentations survivalistes belliqueuses, façon Mad Max ou Walking Dead,  sont-elles passées de mode ? De quelles autres manières peut-on raconter la survie et les possibilités de faire communauté ? Comment le vivant continue-t-il à trouver son chemin dans les récits d’après la fin d’un monde ? 

Le post-apo a longtemps donné lieu à des figures esseulées d’aventuriers malgré eux qui, face au chaos d’une société délitée, doivent se défier de leur prochain et, nécessité faisant loi, se montrent prêt·es à tout pour s’en sortir ou pour sauver les leurs. 

D’autres représentations, qui existaient déjà, sont devenues plus visibles et nombreuses avec l’évolution du genre et sa diversification : on pense à Des ombres sur le foyer de Judith Merrril, à Chroniques de la maison des mères d’Elisabeth Vonarburg, à La Parabole du semeur d’Octavia Butler, ou encore, bien sûr au Livre de la sage-femme sans nom de notre invitée Meg Elison.

Ajourd’hui, le post-apo constitue aussi une laboratoire utopique et féministe, ainsi que nous l’avions évoqué l’année dernière en compagnie de Julia Colin, Wendy Delorme et Louise Mey. 

On pourrait croire que l’on a déjà fait le tour de ce genre. Pourtant, l’actualité éditoriale (en littérature, dans le cinéma, dans les jeux vidéos…) continue de nous tarauder avec le post-apo, particulièrement autour de la question de la survie et de l’adaptation. 

Une question qui se pose différemment, qu’il s’agisse de la survie individuelle et de la survie des espèces, du temps de l’effondrement et des catastrophes,, ou du temps éloigné de leurs descendant·es… 

  • Exemple du temps des catastrophes : En 20217 l’anthropologue Anna Tsing, dans Le champignon de la fin du monde (éd. La Découverte), nous montrait à travers, l’exemple du matsutake (un champignon qui ne pousse que dans les forêt détruites), de sa cueillette et de sa commercialisation, que vivre dans les ruines était aussi ce à quoi s’emploient nombre d’individu·es, non seulement celles et ceux qui sont ciblés par de guerres et génocides, mais aussi celleux qui vivent plein fouet la précarité du désastre capitaliste. 

  • Exemple d’un temps fort éloigné d’elle : Céline Minard dans le magistral Tovaangar, nous immerge au sein d’une nature luxuriante où ne subsiste de la civilisation humaine que quelques vestiges, où elle a été supplantée par d’autres espèces sentientes et conscientes, dont on peut imaginer pour certaines qu’elles sont issues d’une humanité ayant muté, et s’étant hybridée avec d’autres. 

Ainsi, suivant l’échelle et la temporalité dans laquelle on se place, que peut-on s’autoriser à raconter et imaginer ? Imaginer l’après, raconter la transformation et la survie, est-ce déjà se résigner au pire ? Invoquer la “résilience” du vivant, est-ce mettre un mouchoir sur les souffrances endurées par les individus au présent ? 

Infos pratiques

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28 Rue Alfred de Musset
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